« Puis-je changer le prénom de mon enfant adopté sans risque ? Est-ce égoïste de ma part ? Quelles seront les répercussions affectives de ce changement ? Ai-je le droit de lui retirer une partie de son identité ? Va-t-il un jour me le reprocher ? ». Ce sont tant de problématiques auxquelles les futurs parents adoptants sont confrontés ; eux qui ont rêvé si fort leur enfant venu d’ailleurs. Malheureusement, il n’existe aucune bonne réponse.

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Le prénom : symbole d’une nouvelle vie

Chers futurs parents, sachez que changer de prénom n’a rien d’un caprice. Certains spécialistes s’accordent sur le fait que de renommer votre enfant, c’est l’empêcher d’être lié à ses blessures passées. Au contraire, en créant ce lien de parenté, vous lui signifiez son appartenance en tant que membre à sa nouvelle famille et favorisez son accueil.

Par ailleurs, n’oubliez que dans le cas des enfants abandonnés à la naissance, leurs prénoms ont été attribués par l’administration, pour une particularité physique ou sans profonde raison. Faites donc en sorte de vous renseigner sur l’origine de ce choix, pour pourquoi pas lui expliquer votre décision lorsqu’il grandira.

Le prénom : un héritage

Si l’on prend un autre point de vue, conserver le prénom d’origine de votre enfant adopté c’est quelque part refuser de nier son existence d’avant. S’il est vrai que l’adoption permet de changer de prénom qu’importe l’âge, vous n’êtes pas forcés de le faire : c’est votre décision en qualité de parents.

Sachez enfin qu’au regard de la législation française, tout individu peut se faire appeler par n’importe quel prénom figurant sur ses papiers d’identité. Pourquoi ne pas établir un compromis en gardant son prénom d’origine et en lui donnant un second voire un troisième prénom correspondant à vos goûts, valeurs et croyances ?

Le prénom: une question de bon sens

Dans de nombreux cas, l’enfant porte un prénom difficilement prononçable pour les francophones ou dont la signification est sujette à controverse. Dans ce cas, il va de soi que pour l’épanouissement de l’enfant, il peut être envisagé sereinement un changement de prénom.

À ce principe général, il faut apporter des nuances, particulièrement selon l’âge de l’enfant. En effet, s’il a plus de 4 ans et qu’il se reconnaît, cela peut conduire à un trouble identitaire. Le fait d’inclure le prénom d’origine parmi les prénoms secondaires, sans avoir à l’utiliser d’office, lui permet de le raviver au besoin lorsque viendra le temps de faire un retour en arrière pour mieux aller de l’avant.

Dans tous les cas

Sachez vous montrer clairs quant à votre choix qui est avant tout personnel. Ne culpabilisez pas et suivez votre instinct. Cette interrogation sur le prénom de l’enfant adopté, suscitera toujours débat autour de vous. N’oubliez donc pas qu’il est votre enfant, votre responsabilité : personne n’est mieux placé que vous pour faire ce choix.