Témoignage de maman M.

Nous souhaitons fonder une famille mais … ça n’est pas si facile

C’est après 5 belles années en couple, qu’avec mon mari, nous décidons que nous souhaitons fonder une famille. Je ne prenais plus la pilule depuis 3 ans. En toute logique, je m’attendais à tomber enceinte rapidement. Mais, ça ne s’est pas passé comme je l’imaginais. Je ne saurai pas expliquer pourquoi, mon mari pressentait qu’il y avait un problème. Nous avons alors pris rdv avec une spécialiste au début de l’année 2010, après plus d’une année « d’essai bébé » sans succès. Pendant l’été 2010, nous avons changé de région, nous avions à peine commencé les démarches pour l’aide à la procréation médicalement assistée. Fraichement arrivés sur Toulon, nous avons contacté le centre médical d’aide à la procréation à la clinique St Michel, nous nous étions renseignés auparavant. Nous étions ravis de savoir qu’il y avait un centre dans cette ville. Les démarches auraient été encore plus compliquées s’il avait fallu faire des déplacements à Marseille. En effet, il faut savoir que c’est assez contraignant, il faut être disponible dans cette démarche. J’étais alors en recherche d’emploi. J’avais le temps nécessaire et mon mari en poste, souvent en déplacement, a dû s’organiser.

Les examens révèlent un problème

Nous avons passé de nombreux examens, mon mari a réalisé un spermogramme qui permet de connaître les caractéristiques des spermatozoïdes leur nombre, leur mobilité leur aspect. C’est un test de migration qui évalue la survie au bout de 24h. Ils ont alors décelé un problème de mobilité, de qualité et rareté. On nous a alors parlé d’infertilité masculine altération du sperme.
De mon côté, tout allait bien juste un petit problème d’ovulation mais rien d’inquiétant. L’équipe nous a alors proposé une FIV ICSI qui se déroule en dehors de l’organisme, le spermatozoïde est injecté directement dans l’ovocyte. Nous avons bien accueilli la nouvelle car nous le pressentions, nous étions encore plus proches dans cette nouvelle épreuve.

Optimistes et soudés, nous avons fait confiance à l’équipe médicale

Soudés, confiants et optimistes, nous avons bien vécu cette période et sans tabou.  Nos familles et amis étaient au courant de notre démarche et nous soutenaient.

A ce moment-là, l’infertilité est un sujet qui commençait à peine à être abordé dans la société. En 2010 nous étions 400 couples à être suivis, je crois que le chiffre a doublé depuis.

L’équipe médicale à la Clinique St Michel est au top, disponible et professionnelle. Nous avons été bien suivis et informés dans chaque étape. J’ai alors entamé un protocole blocage ovarien/stimulation/déclenchement.
Il a d’abord fallu stimuler mes ovaires, avec des injections, c’est mon mari qui le  faisait car j’étais incapable de me piquer. J’ai ensuite fait des échographies et des prises de sang régulières pour ajuster le traitement. Le gynécologue qui nous suivait a ensuite déclenché mon ovulation et je suis passée à la ponction 36 heures après. Cette ponction se fait sous anesthésie générale pour un recueil d’ovocyte. Pendant ce temps, mon mari a pu faire son recueil de sperme au laboratoire. Je suis remontée dans la chambre et nous avons quitté l’hôpital en fin de journée tout cela en ambulatoire.

La FIV est un succès !

Pour cette première FIV ICSI qui s’est déroulée de septembre 2010 à février 2011, nous avons obtenu 3 embryons. Nous étions super heureux !

48 h après l’obtention des embryons, on m’a transféré 1 embryon sur les 3. Les 2 autres embryons ont été précieusement conservés par congélation avec notre accord.

Les embryons sont conservés au maximum 5 ans. Nous étions consultés chaque année par écrit sur notre désir concernant le devenir des embryons congelés. Il faut savoir que le transfert des embryons congelés ne peut s’effectuer qu’en présence des deux conjoints.

Je suis tombée enceinte !

Comme toutes les femmes j’ai fait un test sanguin de BHCG qui s’est révélé positif ! Nous ne voulions pas nous emballer car c’était « fragile ». Mais notre fils est un battant, il est né en parfaite santé en novembre 2011. Il a 9 ans aujourd’hui.

Nous souhaitons avoir un deuxième enfant

En 2016 soit 5 ans après, nous avons décidé d’avoir un 2ème enfant. Nous avons pris rdv avec l’équipe qui nous suivait, ils ont donc « décongelés » les 2 embryons que nous avions conservés de 2011. Il peut arriver que l’embryon ne survive pas à la décongélation. C’est ce qui est malheureusement arrivé… Ils n’étaient pas viables et ne permettaient pas une fécondation. C’était une nouvelle difficile à encaisser ; nous étions très tristes.

Nous avons entamé une nouvelle démarche FIV ICSI en septembre 2016, nous avons obtenu 2 embryons qu’ils m’ont inséminés en mai 2017 car cela ne nous dérangeait pas d’avoir des jumeaux. Malheureusement, ils n’ont pas tenu et j’ai fait une fausse couche au bout de 5 semaines de grossesse. Nous avons été très malheureux car, pour nous, c’était notre dernière démarche. Nous en avons longuement discuté, je n’avais pas envie de refaire une 3ème FIV. J’ai mis quelques semaines à m’en remettre car je savais au fond de moi que c’était la dernière chance. Mon mari a plutôt intériorisé. C’est surtout à notre enfant que j’ai pensé. Il n’aurait pas de frère et ni de sœur… Nous lui avons expliqué que papa et maman essayaient d’avoir un autre enfant mais que cela n’avait pas marché. Tout est clair pour lui, il comprend, et on en parle de temps en temps.

Nous sommes heureux à 3

Je dois avouer que malgré l’annonce du problème d’infertilité de mon mari, nous avons toujours eu espoir que la nature nous donne un enfant naturellement.

Aujourd’hui nous ne regrettons rien et sommes heureux à trois. Nous n’avons rien caché à notre enfant, il sait qu’on l’a désiré très fort. Et surtout, il sait pourquoi il est enfant unique.

Pour les couples qui n’arrivent pas à avoir un enfant naturellement et qui lisent mon témoignage, j’aimerais dire que c’est une épreuve difficile. La PMA peut engendrer des tensions au sein du couple car les démarches sont longues et contraignantes. Le plus important est de rester soudés ! Il faut y croire !    

Date de publication : 26 mars 2021