Porter la vie en soi et ne pas s’en rendre compte pendant 6, 7, 8 mois ou jusqu’à l’accouchement même… Cela vous paraît inconcevable ! Pourtant, 1 femme sur 500 est concernée par ce trouble psychique méconnu. Chaque année, elles sont 300 à 350 françaises à apprendre qu’elles étaient enceintes le jour de leur accouchement. Dénégation, dissimulation ? Berceau magique vous éclaire sur le déni de grossesse.déni-de-grossesse

Qu’est-ce que le déni de grossesse ?

Le déni de grossesse désigne le fait pour une femme enceinte, de ne pas avoir conscience de l’être, car les changements liés à la grossesse sont biologiquement réduits et incorrectement perçus.

Comment est-ce possible ?

Dans de nombreux cas, les femmes concernées ne se rendent pas compte qu’elles sont enceintes, car elles ne présentent aucun signe de la grossesse comme l’absence de règles, une prise de poids importante, un gonflement du ventre et des nausées. N’étant pas conscientes de leur état, ces femmes continuent généralement à prendre un contraceptif et à mener une vie tout à fait normale.

Par ailleurs, il faut savoir que leur anatomie parvient à s’adapter à cette grossesse spéciale : l’utérus se positionne différemment et se développe en hauteur. Le fœtus se dissimule sous les côtes de sa mère, ce qui explique l’absence de courbes à hauteur du ventre, trompant la mère et son entourage.

Il existe 2 sortes de dénis de grossesse

  1. Le déni total : la grossesse se révèle le jour de l’accouchement (1 naissance sur 1245).
  2. Le déni partiel : il concerne les grossesses qui se révèlent avant le terme (1 naissance sur 474).

Quelles sont les causes du déni de grossesse ?

La population touchée par le déni est très hétérogène, il est impossible d’établir un portrait-robot des femmes concernées. Toutefois, les spécialistes ont remarqué certains traits de personnalité communs : immaturité, difficultés à communiquer et relation complexe avec la mère.

Le déni de grossesse n’a donc pas spécialement d’explication sociale. Il serait davantage le fruit d’une histoire personnelle et familiale souvent difficile qui empêche la femme enceinte de prendre conscience de sa condition. Mais d’autres facteurs ont pu être recensés comme une stérilité supposée, des grossesses très rapprochées, une grossesse issue d’une liaison extraconjugale, un enfant non désiré ou une grossesse issue d’un viol.

Peut-on détecter le déni de grossesse ?

Actuellement, on ne dispose pas de moyens pour détecter d’une façon ou d’une autre le déni de grossesse, à moins de faire des tests de grossesse tous les mois. Cependant, notez qu’une femme à l’écoute de son corps, de ses sensations, de sa sexualité et de ses désirs de maternité ne fera probablement pas de déni.

Quelles sont les conséquences du déni de grossesse ?

Il est difficile de répondre à cette question aujourd’hui, puisqu’il n’existe quasiment aucune étude sur le devenir des bébés issus d’un déni, ni sur la construction du lien mère-enfant. On sait cependant, que certaines mères parviennent à aller de l’avant en considérant la naissance comme un cadeau tombé du ciel, mais d’autres dépriment, car elles n’ont pas eu le temps de se préparer à devenir mère. Si c’est votre cas, n’hésitez pas à consulter un psychologue qui vous accompagnera dans cette nouvelle étape de votre vie.

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Date de publication : 31 août 2015